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2009
Zakie Karam: Femmes au travail, un projet du British council
(Baldati
News: April 3, 2009 at 02:54 PM)
Zakié Karam est directrice générale chez IDM, l'une des plus
importantes entreprises libanaises qui fournissent des services
Internet. Elle a été sélectionnée par un programme du British
council pour faire partie d'une équipe de femmes pionnières dans
leur métier.
« Women at work » ou « femmes au travail » est un projet qui a été
lancé l'année dernière par le British council dans les pays du
Proche-Orient et du Maghreb arabe. Il a pour but de mettre en
contact des femmes anglaises, connues dans leur milieu professionnel,
avec des femmes originaires d'Égypte, de Jordanie, du Liban, du
Maroc, de Palestine, de Syrie et de Tunisie, pionnières dans leur
métier, réservé aux hommes dans cette partie du monde.
À travers ce projet, les femmes arabes parviennent à apprendre de
l'expérience de leurs consœurs européennes et tissent un réseau de
communications avec des professionnels aussi bien arabes
qu'européens. Ce projet vise aussi à mettre un terme aux stéréotypes
qu'on se fait d'une profession donnée
Rana Moughaghab et Farah Ballouz sont respectivement directrice
régionale de la communication et chef de projet au British council.
Elles expliquent que pour chaque pays du Proche-Orient et de
l'Afrique du Nord, des métiers ont été définis. C'est que dans
chaque pays arabe, les métiers perçus comme réservés aux hommes
diffèrent.
En Égypte, le British council a choisi des femmes juges, au Liban
des femmes qui travaillent dans le domaine des nouvelles
technologies de l'information, en Jordanie des femmes d'affaires, en
Palestine des architectes, en Syrie des femmes qui travaillent dans
le domaine des sciences, en Tunisie des cinéastes, et au Maroc des
sportives.
Les femmes sélectionnées ont effectué une visite au Royaume-Uni, et
cela pour échanger des idées avec des consœurs anglaises. Une visite
des spécialistes anglaises est prévue dans les pays faisant partie
du projet.
Ce projet devrait contribuer à long terme à changer la perception de
certains métiers dans les pays arabes. Les femmes sélectionnées
pourraient aider les jeunes filles qui hésitent à choisir certaines
carrières. Les pionnières dans ces domaines pourraient constituer
des exemples à suivre. C'est qu'elles participeront à des foires sur
les métiers destinées aux jeunes. Elles pourront également
intervenir dans des conférences sur l'orientation universitaire
auprès des écoles.
Zakié Karam s'était spécialisée en 1987 en programmation
informatique. Aujourd'hui, elle est directrice générale chez IDM.
« À la fin des années quatre-vingt, les filles se spécialisaient en
programmation informatique parce que le domaine était confondu, pour
les femmes, avec celui du secrétariat, surtout avec le clavier qui
rappelait la machine à dactylo », dit-elle.
Ses études terminées, elle intègre une entreprise toute jeune qui
deviendra avec le temps l'un des plus importants pourvoyeurs de
services Internet du pays et qui fusionnera avec une autre pour
devenir plus tard IDM.
Zakié progresse petit à petit. Elle devient chef du département de
programmation. Interrogée à ce sujet, elle souligne que ce n'était
pas facile d'être une femme à ce poste de responsabilité, mais elle
a fait la sourde oreille et s'est investie dans le travail.
Elle a été la première personne au Liban, en 1996, à avoir mis en
place un serveur Internet commercial, à l'intérieur de l'entreprise.
« C'était un véritable défi », indique-t-elle. Pour pouvoir mettre
en place ce serveur, elle a participé à un stage de quelques jours
en France. De retour au Liban, elle entame le travail. « Il fallait
installer le système et informer les employés afin qu'ils se
familiarisent avec le nouvel outil mis en place », explique-t-elle.
Tout en poursuivant son travail, Zakié Karam suit des études à l'ESA.
Elle progresse au sein de l'entreprise et devient directrice des
ventes. Après la guerre de juillet 2006, elle est nommée directrice
générale d'IDMI, une branche d'IDM tournée à la vente de services
Internet dans le monde arabe.
Malgré son succès, Zakié Karam est quelqu'un qui a su rester modeste.
Ayant un profil de gagnante, elle fait partie de ces femmes qui se
remettent en question et qui apprennent de leurs erreurs pour
avancer.
« J'ai appris de mes erreurs. Aujourd'hui, après vingt ans de
carrière, je sais que je ne ferai plus les mêmes erreurs. Je ferai
certaines choses différemment », dit-elle.
Même si le milieu de l'informatique est encore réservé aux hommes,
Zakié encourage les filles qui aiment cette spécialisation à choisir
ce domaine. « L'important, c'est de faire quelque chose qu'on aime
», indique-t-elle.
Concernant le programme du British council, elle souligne, en
conclusion, l'importance d'apprendre de l'expérience des autres et
de construire un réseau de connaissances aussi bien au Royaume-Uni
que dans le monde arabe.
http://www.baldati.com/news/article.php?articleid=1291
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